Communiquer en s’affirmant
On appelle une communication dans laquelle l’interlocuteur ou les deux s’affirment, une communication assertive, c’est à dire une communication qui permet d’entrer en relation de communication sociale, de façon efficace et économique.
Être assertif en communication, c’est savoir exprimer ses sentiments, ses opinions, ses besoins pour obtenir le plus de résultats positifs, en se gardant bien d’être ni agressif ( »hérisson ») ni passif ( »paillasson »). L’assertivité est avant tout et surtout le respect de soi ET le respect des autres. La communication assertive permet de reconnaître aux autres, sans peurs et sans stress, ce que l’on se reconnaît à soi-même. C’est la raison pour laquelle, pour parvenir à ce genre de communication, il est nécessaire de se connaitre, de reconnaître ses désirs, nos limites, ses peurs et ses sources de stress pour finalement reconnaître les mêmes droits chez l’autre.

Être assertif en communication, c’est s’affirmer, c’est à dire prendre la bonne place, au bon moment, avec la bonne personne pour une bonne relation. C’est pour cela que l’on peut être assertif de façon variable, selon les situations et que l’on peut toujours progresser en repérant nos forces et nos faiblesses dans nos comportements. Car être assertif s’apprend. L’une des méthodes est la technique du DESC que l’on peut utiliser lors d’une communication qui parait conflictuelle :
- Description de la situation, du comportement problématique
- Expression des satisfactions et des insatisfactions de celui désire modifier quelque chose
- Suggestion de solutions adaptées
- Conséquences attendues.
Le tout étant posé (comme dit le poète), voici une petite scène qui se passe dans un tgv, donc avec réservation de place obligatoire.

La train a fermé ses portes et démarre. Le wagon est entièrement occupé, il n’y a plus de places libres. Une personne ouvre les portes, pose sa valise à l’emplacement adéquat, et encore, toute stressée par cette arrivée un peu tardive, légèrement essoufflée, elle s’approche d’une personne déjà assise, déjà installée.
- J’ai la place 45. Elle énonce un fait, ne fait aucune demande, s’attend juste que la personne installée place 45 réagisse. Mais le temps mort s’éternisant car l’autre ne semble pas vouloir répondre, elle poursuit :
- J’ai la place 45 et vous ? Elle ne fait que demander le numéro de la place alors qu’on sait, par expérience, que très souvent, dans ce cas, c’est plus une erreur de voiture que de place. Mais elle a raison, car il se pourrait que la personne installée n’est pas cette place là du tout et ait profité d’une place libre pour s’asseoir au moment du départ du train, supposant que la place était libre parce qu’il n’y avait personne.
- Moi aussi. Voilà, elle a bien répondu puisqu’elle a bien renseigné strictement la personne qui lui a fait une demande. Elle a par contre mal répondu socialement, puisque visiblement, elle ne semble pas s’inquiéter de l’inquiétude grandissante de la retardataire. La tension est d’ailleurs presque palpable chez l’autre personne debout qui, s’apperçoit sans doute que non contente d’avoir failli rater son train, se retrouve sans place dans une voiture bondée, alors qu’on lui a donné légitimement une place.
- J’ai voiture 11 affirme la personne debout. On est bien voiture 11 ? Il semble alors qu’elle choisit l’option : se tromper de voiture. Mais elle ne choisit pas la bonne question pour décrire la situation, car quand on est assis, on ne peut plus savoir dans quelle voiture on est.
Voyant que la personne assise ne réagit toujours pas, ne fait aucun geste pour répondre au sous entendu de la question, la personne debout sort du wagon pour aller lire le numéro de la voiture. Que pensait elle à ce moment là ? Elle pouvait très bien prendre à témoins les autres personnes assises pour vérifier que l’on était bien voiture 11. Elle a agit comme si elle ne parvenait pas à décrypter la situation dans sa réalité objective, sans doute toute engluée encore dans sa réalité subjective : être arrivée juste à l’heure, ne plus avoir SA place pourtant légitime.
Cela dit, elle revient, un peu plus sûre de sa légitimité. Elle parvient à dire :
- On est bien voiture 11. Vous avez quelle voiture ?
La question directe permet de faire réagir la personne assise, qui, enfin, se met à fouiller dans son sac pour sortir son billet.
- Voiture 13.
À ce moment là de la conversation, la situation est enfin décrite. Mais la personne debout ne va pas parvenir à exprimer ses désirs, ses besoins, son opinion. Elle va juste s’aplatir face à une situation qu’elle pressent conflictuelle et proposer d’elle même, face au mutisme de son interlocuteur, qui refuse de comprendre la situation et les désirs non exprimés, de prendre la place voiture 13, laissant à la personne assise SA place légitimée par un billet.
Bien sur, c’est tout à fait possible d’échanger les places et cela aurait pu être dans l’ordre des choses, c’est à dire se faire au cours d’une communication assertive, où chacun aurait exprimé ce qu’il avait envie de dire, besoin de dire.
Mais la personne debout va juste se contenter de changer de voiture, évitant ainsi de s’affirmer mais préférant choisir de faire intervenir le superviseur du train pour signifier à la personne assise qu’elle a agit contre sa volonté. Or, la personne assise ne va pas comprendre l’intervention (ou faire semblant ?), elle va juste répondre au superviseur, clairement et presque avec justesse si on s’en tient à la communication uniquement linguistique et non sociale :
- Mais c’est elle qui m’a proposé de prendre ma place voiture 13 !
Sachant que vous désirez être assertif, c’est à dire avoir un comportement ni hérisson, ni paillasson, qu’auriez dit si vous aviez été à la place de la personne debout ?
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